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L’EXCES DE SEL NUIT GRAVEMENT A LA SANTE CARDIO-VASCULAIRE

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March 3, 2014

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L’EXCES DE SEL NUIT GRAVEMENT A LA SANTE CARDIO-VASCULAIRE

Nous en consommons, en moyenne, quatre fois plus que nos besoins de base.
Nous mangeons trop de sel. En tout cas, beaucoup plus qu’il n’est nécessaire à notre organisme. Cet excès serait même responsable de 2,3 millions de morts chaque année dans le monde, selon une étude collaborative internationale qui a impliqué 488 scientifiques de 50 pays différents. Les chercheurs ont même calculé que l’on pourrait éviter entre 280.000 et 500.000 morts sur une période de dix ans en réduisant à moins de 1,5 g de sel par jour la consommation des Américains. Elle est aujourd’hui de 3,6 g/j en moyenne, plus basse qu’en Europe.
En France, la consommation de sel est d’environ 10 g/j pour les hommes et 8 g/j pour les femmes, selon l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses). Suivant le plan national nutrition santé, il ne faudrait pas dépasser 8 g/j pour un homme et 6,5 g/j pour une femme. L’Organisation mondiale de la santé recommande une consommation maximale de 5 g de sel par jour. En réalité, il est difficile de fixer un seuil car l’accroissement du risque pour la santé est plutôt le résultat d’un continuum que d’un effet-seuil.
AVC et infarctus
L’effet néfaste du sel sur la santé passe en particulier par l’augmentation de la pression artérielle qu’entraîne une consommation excessive. Plus on mange de sel, plus la pression artérielle augmente. Pour le Pr Blacher, il ne fait aucun doute que «plus on mange de sel et plus on augmente son risque d’accident vasculaire cérébral. Pour l’infarctus du myocarde, c’est un peu moins net, mais le risque existe aussi.» Le plus encourageant, c’est que l’effet du sel peut être corrigé. «Quand un hypertendu qui consomme trop de sel réduit sa consommation, il fait baisser son hypertension», explique le Pr Blacher, ajoutant un bémol toutefois: «La réponse est très variable selon les patients.»
Faut-il bannir la salière de la table familiale? Ce serait attaquer le problème par le petit bout de la lorgnette. En effet, resaler les plats n’ajoute guère plus qu’un gramme de sel à la consommation quotidienne. L’essentiel des apports vient des aliments eux-mêmes. Le sel est abondant dans les charcuteries, les fromages ou les pizzas, mais aussi dans les plats tout préparés. Dans un avis rendu en octobre, l’Anses, qui suit la composition de plus de 300 aliments de référence depuis 2003, se plaignait d’efforts hétérogènes, et globalement insuffisants, de la part des industriels pour réduire la teneur en sel de leurs produits.

Le piège vient du fait que «ce n’est pas forcément le plus salé qui est le plus contributeur à l’apport quotidien. Le pire, c’est ce qu’on consomme beaucoup», précise la Pr Irène Margaritis, chef de l’évaluation sur la nutrition et les risques nutritionnels à l’Anses. «Le pain, par exemple, est un gros contributeur, même si c’est un très bon aliment sur le plan nutritionnel par les vitamines et les fibres qu’il apporte», ajoute la nutritionniste. Bien sûr, le pain industriel n’a pas le même intérêt que le pain artisanal. En pratique, les besoins en sel de notre organisme sont largement couverts par l’alimentation. «Sauf régime très carencé, notre alimentation suffit pour répondre aux besoins normaux en sel de notre organisme qui ne dépassent pas 2 grammes», explique le Pr Jacques Blacher, cardiologue et épidémiologiste à l’Hôtel-Dieu (Paris).
Mesures gouvernementales
Dans un livre paru en 2009 (Le Sel, un tueur caché, Favre), c’est un chercheur de l’Inserm, Pierre Meneton, qui mettait en garde contre «les atours innocents d’un condiment apprécié». Car si le sel est bien un rehausseur de goût efficace, le prix à payer pour la santé finit par être lourd. En effet, «la préférence pour les aliments salés accompagne la consommation réelle de sel», souligne le chercheur. Les conséquences sont palpables: «Il y a des études qui montrent que des apports sodés trop élevés dans l’enfance peuvent faire le lit de maladies cardiovasculaires futures», détaille la Pr Margaritis.
Une étude canadienne publiée en mars dernier dans le Canadian Journal of Cardiology montrait que les deux tiers des 2 600 répondants d’une enquête menée sur un échantillon représentatif de la population étaient préoccupés par le sel alimentaire, et que 59 % prenaient des mesures pour limiter leur apport. Ils étaient surtout 86 % à soutenir les mesures gouvernementales visant à réduire les concentrations de sel dans les aliments transformés.
En Europe, une réglementation a bien été votée en 2006 pour garantir aux citoyens une information loyale sur l’intérêt nutritionnel des produits commercialisés. Mais on attend toujours que la Commission européenne définisse les profils nutritionnels pour qu’elle puisse s’appliquer. De l’art d’enterrer les bonnes idées?

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Richard Kabamba

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